MADRID — La présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, a accusé jeudi la gauche de « confisquer » les rues à travers les grèves et les manifestations. Devant l’Assemblée régionale, elle a comparé le campement installé sur la Puerta del Sol pour défendre le droit au logement aux plages de Ceuta. Ses propos interviennent dans un climat de mobilisation sociale, à l’approche des élections législatives du 29 novembre.
« La Puerta del Sol appartient à tous les Espagnols, et c’est une honte. Ils ont transformé la Puerta del Sol en plages de Ceuta, pleines de misère et de déchets », a déclaré Ayuso, en dénonçant des conséquences pour la vie quotidienne, les commerces et l’image de Madrid. Cette comparaison relève des propos de la dirigeante régionale et ne constitue pas un constat vérifié sur l’état des plages de Ceuta.
Une confrontation avec Más Madrid
La présidente répondait à Manuela Bergerot, porte-parole de Más Madrid, qui avait décrit une capitale « sens dessus dessous » en raison des protestations contre les politiques régionales. L’élue d’opposition a évoqué les revendications liées au logement, à l’enseignement et aux conditions de travail des agents publics, notamment des soignants et des pompiers.
Ayuso a répliqué que la gauche cherchait à « mettre Madrid sens dessus dessous » et a accusé ses adversaires d’attiser les tensions depuis la convocation des élections. Elle a également présenté les mobilisations comme des opérations politiques. Ces accusations reflètent son interprétation partisane des manifestations.
Campement pour le logement et grève des enseignants
Le campement de la Puerta del Sol est au centre d’un différend entre la mairie de Madrid et la délégation du gouvernement central. La municipalité demande son évacuation, invoquant des difficultés de circulation, de sécurité, de propreté et des dégradations du patrimoine. La délégation du gouvernement souligne pour sa part la nécessité de garantir le droit de manifester.
Dans le même temps, l’enseignement public madrilène connaît une grève reconductible. Les personnels réclament des hausses de salaires, des classes moins chargées, une réduction des heures d’enseignement, des moyens supplémentaires pour les élèves et des solutions contre les fortes chaleurs dans les établissements. Les syndicats et les autorités régionales publient des taux de participation différents.
Les tensions ont été renforcées par des interventions policières à l’Université Complutense. Le délégué du gouvernement, Francisco Martín, a annoncé une enquête sur l’action des policiers, précisant que des responsabilités seraient recherchées si un usage disproportionné de la force était établi.
Ceuta citée dans une polémique madrilène
En évoquant les plages de Ceuta, Ayuso fait entrer dans la confrontation madrilène une ville autonome marquée par la crise migratoire de l’été et par la récente visite du roi Felipe VI et de la reine Letizia. La comparaison ne constitue pas un bilan de la situation locale : elle fait partie de la critique adressée par la présidente régionale aux manifestants.
Les divergences entre l’exécutif madrilène, Más Madrid et la délégation du gouvernement illustrent le désaccord sur l’exercice du droit de manifester et sur la gestion de l’espace public à l’approche de la campagne électorale.

