MADRID — La présidente du Congrès espagnol, Francina Armengol, a ordonné mercredi à la députée du Parti populaire Ana Belén Vázquez de quitter l’hémicycle après qu’elle a montré un spray au poivre pendant la séance de contrôle du gouvernement. La parlementaire l’a exhibé alors qu’elle interrogeait le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska sur la sécurité à Ceuta après la crise migratoire de fin juillet.
Vázquez a sorti l’aérosol depuis son siège et l’a présenté comme un exemple des moyens que, selon elle, certaines femmes transportent désormais dans la ville autonome. Elle a demandé au ministre si cette situation constituait la « nouvelle normalité » à laquelle les habitants de Ceuta devraient s’habituer.
Armengol ordonne le retrait du spray
L’intervention s’est d’abord poursuivie et Francina Armengol est intervenue quelques minutes plus tard. La présidente de la Chambre a rappelé la députée à l’ordre en faisant valoir que le spray au poivre était considéré comme une arme au regard de la réglementation applicable et qu’il ne pouvait donc être exhibé ni porté dans l’enceinte parlementaire.
Armengol a demandé à Vázquez de quitter l’hémicycle afin de déposer l’objet. La députée a protesté depuis son siège et l’échange a provoqué plusieurs minutes de tension, accompagnées d’interventions et d’applaudissements sur les bancs du PP. Elle a finalement quitté la salle.
La présidence s’est référée à l’article 101 du règlement du Congrès, qui prévoit des mesures disciplinaires notamment en cas d’introduction ou de détention d’armes dans l’enceinte parlementaire. Armengol a également averti Vázquez des conséquences de nouveaux rappels à l’ordre si elle refusait d’obtempérer.
Ceuta s’invite dans le débat parlementaire
L’incident s’est produit lors d’une question adressée à Marlaska sur les conséquences de l’entrée massive enregistrée à Ceuta les 30 et 31 juillet. Vázquez, porte-parole du PP au sein de la commission de l’Intérieur, a accusé le gouvernement de ne pas garantir suffisamment la sécurité dans la ville et utilisé le spray pour appuyer politiquement sa dénonciation.
L’affirmation de la députée concernant l’utilisation de sprays par des femmes et des mineurs à Ceuta relève de son argumentation politique devant le Congrès et ne constitue pas, à elle seule, une donnée générale établie concernant la population de la ville.
L’épisode intervient le jour du 23-S, date pour laquelle de nouveaux appels à tenter de rejoindre Ceuta depuis le Maroc avaient circulé sur les réseaux sociaux. La frontière du Tarajal restait calme mercredi matin, sous un important dispositif de la Guardia Civil et de la Policía Nacional.
Une séance momentanément bouleversée
Le départ forcé de Vázquez a déplacé pendant plusieurs minutes le débat de la sécurité à Ceuta vers les règles de fonctionnement du Congrès lui-même. Armengol a défendu le principe selon lequel les députés restent soumis aux restrictions de sécurité applicables dans l’enceinte de la Chambre et que l’objet devait être retiré.
L’incident n’entraîne pas en lui-même la suspension du mandat parlementaire de Vázquez. Toute éventuelle mesure disciplinaire supplémentaire devrait suivre la procédure prévue par le règlement du Congrès.

