MADRID — Le juge de l’Audience nationale espagnole Santiago Pedraz estime prématuré de mettre en cause le PSOE en tant que personne morale dans l’affaire Leire Díez. Le magistrat partage l’avis du parquet anticorruption : plusieurs actes d’enquête doivent encore être réalisés avant une éventuelle décision visant le Parti socialiste espagnol.
Le parquet a indiqué avoir relevé des indices, tout en jugeant qu’une mise en cause immédiate du parti serait prématurée. Il souhaite notamment entendre l’ancien secrétaire à l’Organisation du PSOE, Santos Cerdán. Cette position ne constitue pas un abandon définitif de la possibilité de poursuivre le parti.
Une demande déposée par le Parti populaire
Le Parti populaire a demandé cette semaine que le PSOE soit intégré à la procédure comme personne morale faisant l’objet d’une enquête. L’accusation populaire soutient que les éléments réunis indiqueraient que le parti aurait financé les dépenses d’une organisation criminelle présumée sur instruction de Santos Cerdán. Ces accusations restent à vérifier au cours de l’instruction.
Le PP invoque notamment des soupçons de corruption, de trafic d’influence, de blanchiment et de financement illégal des partis politiques, en lien avec une possible utilisation irrégulière de fonds publics. Il affirme également que des démarches auraient été entreprises pour influencer des témoins et discréditer des enquêteurs de l’Unité centrale opérationnelle (UCO) de la Guardia Civil.
Parmi les faits allégués figurent des versements présumés d’environ 20 000 euros à un média et des tentatives supposées de peser sur certains témoignages. Ces affirmations émanent de l’accusation et ne constituent pas des faits établis par une décision de justice.
Le parquet souhaite poursuivre les investigations
Santiago Pedraz avait demandé au ministère public de se prononcer sur la requête du PP. Le parquet anticorruption considère qu’il existe des indices à examiner, mais souhaite que les diligences encore prévues soient accomplies, notamment l’audition de Santos Cerdán, avant toute décision sur le statut procédural du PSOE.
Le juge a également demandé au Parti socialiste la liste complète des avocats, cabinets juridiques et sociétés de conseil auxquels il a fait appel. Ces informations pourraient aider les enquêteurs à déterminer la nature des prestations et des paiements examinés dans le dossier.
Une enquête sur d’éventuelles entraves à la justice
L’affaire Leire Díez porte sur des manœuvres présumées visant à perturber des procédures judiciaires susceptibles de concerner le PSOE ou le gouvernement espagnol. L’ancienne militante socialiste Leire Díez est visée par l’enquête, qui examine également le rôle de Santos Cerdán et d’autres personnes. Les investigations portent notamment sur des contacts avec des acteurs de dossiers judiciaires et sur une éventuelle mobilisation de moyens pour influencer des enquêtes.
Le magistrat laisse ouverte la possibilité de nouvelles décisions après la réalisation des actes d’instruction. Pour l’heure, la demande du PP n’a pas conduit à placer le PSOE sous enquête en tant que personne morale. La procédure se poursuit et d’éventuelles responsabilités pénales devront être établies dans le respect des garanties judiciaires.

