VALENCE — Près de 808 700 élèves et 84 000 enseignants retrouveront les classes de la Communauté valencienne mercredi 9 septembre. Cette rentrée juxtapose deux réalités : un effort d’investissement que la Generalitat présente comme exceptionnel et un conflit social qui reste ouvert avec une grande partie des syndicats enseignants. Les effectifs progressent de 385 professeurs tandis que l’exécutif régional chiffre à 1,41 milliard d’euros les investissements consacrés aux infrastructures éducatives.
Quatorze nouveaux établissements doivent ouvrir cette année et quatorze autres sont en construction. La Generalitat ajoute un programme de 144 millions d’euros destiné à la climatisation des écoles, mais son déploiement complet prendra quatre ans. L’enjeu est devenu particulièrement concret avec la multiplication des épisodes de chaleur dans des bâtiments qui ne disposent pas tous de conditions thermiques adaptées.
Les investissements ne suffisent pas à ramener le calme
Cette enveloppe n’a pas désamorcé le conflit. STEPV, principal syndicat de l’enseignement public, ainsi que CCOO et UGT maintiennent la pression et appellent à manifester le 12 septembre dans les trois capitales provinciales. La grève engagée au cours de l’année scolaire précédente a été suspendue, mais elle n’a pas été définitivement levée.
Les revendications portent notamment sur les effectifs, la baisse du nombre d’élèves par classe, l’inclusion, la formation professionnelle, les infrastructures et les salaires. La Conselleria a conclu avec ANPE et CSIF un accord prévoyant 200 euros d’augmentation en trois étapes, sans parvenir à un consensus avec l’ensemble des représentants. La baisse des ratios attendra également : le gouvernement valencien prévoit d’enclencher le processus en 2027.
De Barcelone à Valence, la rentrée sous pression
La rentrée valencienne intervient au lendemain de la grève annoncée en Catalogne, où le gouvernement de Salvador Illa tente lui aussi de contenir la contestation enseignante. Les revendications diffèrent, mais les deux territoires font face au même défi : convertir les moyens budgétaires annoncés en améliorations visibles dans les établissements.
À Valence, la climatisation illustre cette difficulté. Les 144 millions d’euros sont programmés, mais quatre années seront nécessaires pour achever le dispositif. Certains établissements continueront donc à affronter les fortes chaleurs avant leur équipement complet. Le 9 septembre permettra de mesurer l’effet des nouveaux postes et établissements ; la mobilisation du 12 dira si ces investissements suffisent à empêcher le conflit social de s’installer durablement dans l’année scolaire.

