Le PP relance l’affaire Pegasus pour attaquer Sánchez sur la gestion de la crise de Ceuta

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Foto: La portavoz del GPP en el Congreso, Ester Muñoz / PP

MADRID — Le Parti populaire a accentué vendredi sa pression sur Pedro Sánchez au lendemain de sa comparution devant le Congrès sur la crise migratoire de Ceuta. Ester Muñoz, porte-parole du PP à la Chambre des députés, établit un lien entre le changement qu’elle attribue au gouvernement dans ses relations avec le Maroc et l’espionnage par Pegasus de téléphones appartenant à plusieurs membres de l’exécutif. Elle réclame désormais la déclassification de l’ensemble des documents liés à cet épisode.

Selon Ester Muñoz, le piratage des téléphones aurait constitué un « point de bascule » et expliquerait la position de « soumission » qu’elle reproche à Pedro Sánchez face à Rabat. Cette relation reste toutefois une accusation politique du PP : aucun élément rendu public n’établit que l’espionnage soit à l’origine de la politique espagnole envers le Maroc.

La réponse à la frontière de nouveau contestée

Le PP estime que la comparution de Sánchez jeudi n’a éclairci ni la gestion de la crise ni ses causes. Devant les députés, le président du gouvernement avait affirmé qu’il n’existait pas de « preuves solides » permettant d’attribuer au Maroc la responsabilité de l’entrée massive à Ceuta et avait ordonné la publication de tous les rapports reçus par l’exécutif.

L’opposition défend une lecture inverse. Ester Muñoz a notamment mis en cause le dispositif déployé le 30 juillet, affirmant que cinq agents étaient présents à la clôture frontalière et quatre plongeurs mobilisés malgré les alertes du CENIF et les appels du président de Ceuta, Juan Jesús Vivas. Pour le PP, ces éléments illustrent une anticipation et une réponse insuffisantes. Sánchez a, de son côté, défendu l’action de son gouvernement et la nécessité de préserver la coopération avec le Maroc.

La pression politique se poursuit après le Congrès

Cette offensive intervient après les accusations d’Alberto Núñez Feijóo, qui a demandé à Sánchez de démissionner en le qualifiant d’« incompétent ou complice » et en affirmant que le Maroc avait coordonné l’opération. Le gouvernement conteste cette thèse en l’absence de preuves concluantes. Le PP demande également l’audition de la directrice du CNI devant le Sénat.

Ester Muñoz considère que le chef du gouvernement est sorti davantage isolé de sa comparution et souligne les critiques exprimées jusque chez certains de ses partenaires parlementaires. Interrogée sur une éventuelle motion de censure destinée à provoquer des élections, elle a rappelé qu’il manquait toujours quatre voix au PP.

Les conservateurs rejettent par ailleurs l’idée que la répartition des mineurs migrants entre les communautés autonomes puisse constituer une solution pour Ceuta, estimant qu’elle risquerait d’accentuer la pression migratoire. La prochaine étape politique sera désormais la publication des rapports promise par Sánchez, qui doit permettre de confronter les alertes reçues, les moyens mobilisés et les informations dont disposait l’État avant la crise.

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