MADRID — MADRID — L’État occupe une place centrale dans la candidature espagnole destinée à accueillir une gigafactorie européenne d’intelligence artificielle. La Société espagnole pour la transformation technologique, SETT, détient 47,99 % du consortium public-privé. Telefónica, ACS et Banco Santander en contrôlent ensemble 47 %, Multiverse Computing 4 %, tandis que la Generalitat dispose initialement de 1 %.
Le projet repose sur une candidature multisite, avec Móra la Nova, dans la province de Tarragone, comme implantation principale et San Fernando de Henares, près de Madrid, comme site secondaire. Le gouvernement a autorisé un investissement de 719 millions d’euros via la SETT et l’ensemble pourrait mobiliser plusieurs milliards d’euros d’investissement public et privé.
Une participation publique de 47,99 %
La structure montre l’influence de l’État, mais ne constitue pas une majorité publique : le bloc privé atteint 51 %. La SETT est le principal actionnaire individuel et la Generalitat reste minoritaire. Cette distinction sera importante pour déterminer le contrôle des décisions industrielles et financières.
L’infrastructure doit fournir une capacité de calcul avancée aux entreprises, aux universités, aux centres de recherche et aux administrations. La candidature s’inscrit dans la stratégie européenne de souveraineté technologique et sera examinée dans le cadre du processus EuroHPC.
Móra la Nova au cœur de la candidature européenne
Pour Tarragone, le projet représente une opportunité de réindustrialisation mais aussi une pression sur l’énergie, l’eau et les réseaux. Móra la Nova offre une implantation éloignée de la métropole, mais nécessitera des investissements, des autorisations et des garanties d’approvisionnement. Les emplois qualifiés et le retour territorial seront également scrutés.
L’admission de la candidature européenne ne vaut pas décision définitive d’attribution. Le consortium doit encore préciser ses statuts, son financement et son calendrier. La position de l’État est déterminante pour porter le projet, mais le résultat dépendra de l’évaluation européenne et de la capacité industrielle des partenaires.

