MADRID, 3 novembre 2026 — Le ministre espagnol des Transports et de la Mobilité durable, Óscar Puente, doit comparaître ce mardi à 17 heures devant la Députation permanente du Congrès pour s’expliquer sur l’accident ferroviaire survenu le 28 octobre à Urda, dans la province de Tolède, qui a fait au moins 69 morts. Cette audition intervient sur fond de demandes de responsabilités politiques et d’interrogations sur les dispositifs de sécurité du réseau.
Óscar Puente a demandé lui-même à être entendu après les requêtes de Sumar, d’ERC et de Podemos. La Députation permanente assure les fonctions essentielles du Congrès depuis la dissolution des Cortes consécutive à la convocation d’élections anticipées.
La signalisation ferroviaire et les décisions du centre de contrôle
L’un des principaux sujets de l’audition sera la succession des décisions prises avant la collision. Dans ses explications publiques de vendredi, le ministre a évoqué une défaillance de communication du système de signalisation LZB et s’est interrogé sur l’autorisation donnée à un train de repartir alors qu’un autre convoi se trouvait immobilisé devant lui.
Óscar Puente a indiqué que 170 incidents de transmission du LZB avaient été enregistrés en 2026, dont 13 sur la section concernée. Il a également estimé que l’enquête devait déterminer ce qui s’était produit au centre de contrôle d’Adif, sans considérer comme établie la responsabilité d’un agent.
Les parlementaires pourront demander des précisions sur les échanges entre conducteurs et régulateurs, les conditions de circulation en cas de recours aux systèmes de secours et le calendrier de déploiement du système européen ERTMS. L’enquête demeure ouverte et les causes définitives de l’accident ne sont pas encore établies.
Pression politique et soutien aux victimes
Cette comparution intervient après les demandes de démission formulées par le Parti populaire, qui réclame également des explications au chef du gouvernement, Pedro Sánchez. Óscar Puente refuse pour l’instant de quitter ses fonctions et affirme devoir rester à la tête de son ministère pour gérer les conséquences de la catastrophe et rendre des comptes.
Le gouvernement a annoncé un dispositif d’aide aux victimes et à leurs familles prévoyant notamment de doubler les montants de l’assurance obligatoire des voyageurs, d’avancer certaines indemnisations et de renforcer l’accompagnement personnalisé. L’adoption et le contenu définitif de ces mesures restent à vérifier dans les décisions du Conseil des ministres.
L’audition doit permettre de préciser les mesures immédiates envisagées pour renforcer la sécurité ferroviaire et rétablir la confiance dans la grande vitesse espagnole. Les questions des parlementaires porteront également sur la gestion d’Adif, les systèmes de signalisation et les responsabilités susceptibles d’être établies par l’enquête.

