BRUXELLES, 3 novembre 2026 — La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a défendu ce mardi, lors du sommet WINWIN à Bruxelles, une stratégie visant à faciliter la création d’entreprises, à mobiliser les investissements et à renforcer la compétitivité industrielle de l’Union européenne.
Devant des entrepreneurs et investisseurs européens, elle a présenté trois priorités : tirer parti du marché unique, accélérer la transition énergétique et déployer l’intelligence artificielle dans l’économie réelle.
Créer une entreprise européenne en 48 heures
La présidente de la Commission a défendu EU Inc., le « 28e régime », conçu pour faciliter la création et le développement des entreprises dans l’ensemble de l’Union.
Selon ses explications, ce dispositif permettrait de constituer une société entièrement en ligne, en 48 heures et pour moins de 100 euros.
L’initiative vise à surmonter la fragmentation du marché européen, où les entreprises doivent aujourd’hui composer avec 27 systèmes juridiques nationaux et plus de 60 formes de sociétés.
Ursula von der Leyen a également insisté sur le financement. D’après les chiffres présentés dans son discours, les entreprises européennes en phase de croissance lèvent généralement 50 % de capitaux de moins que leurs homologues de San Francisco.
Elle a indiqué que le Scaleup Europe Fund avait investi dans huit entreprises au cours de ses deux premiers mois d’activité, contribuant à mobiliser près de 5 milliards d’euros.
Industrie, transition énergétique et intelligence artificielle
La Commission entend également faire de la décarbonation un atout industriel.
Ursula von der Leyen a rappelé l’objectif européen de neutralité climatique en 2050 et défendu la poursuite des investissements dans les technologies propres.
Parmi les instruments évoqués figure une future banque de décarbonation industrielle, avec laquelle Bruxelles souhaite mobiliser 100 milliards d’euros pour transformer l’industrie européenne.
L’intelligence artificielle constitue le troisième axe de cette stratégie. La présidente a plaidé pour son utilisation dans les secteurs productifs, de la maintenance industrielle à la santé, ainsi que pour la levée des obstacles qui freinent le déploiement des nouvelles technologies dans plusieurs États membres.
Organisé à la Bibliothèque royale de Belgique, le sommet WINWIN réunit des responsables institutionnels, des fondateurs d’entreprises et des investisseurs. La vice-présidente exécutive Teresa Ribera et le commissaire européen Wopke Hoekstra participent également à des tables rondes consacrées à la compétitivité, à la transition énergétique et à l’innovation.
Pour les écosystèmes technologiques de Barcelone, Toulouse et de l’ensemble de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, la portée de ces initiatives dépendra de leur traduction réglementaire et des conditions réelles d’accès au financement.
L’enjeu pour Bruxelles consiste à transformer les capacités européennes de recherche et d’innovation en entreprises capables de se développer à l’échelle du marché unique.

