MADRID — Le chef du Parti populaire espagnol, Alberto Núñez Feijóo, a défendu mardi 27 octobre l’accord conclu avec Vox pour les élections sénatoriales du 29 novembre. Il présente cette coordination électorale comme une réponse à l’alliance entre le PSOE et Frente Amplio et accuse Pedro Sánchez d’avoir modifié les équilibres de la compétition pour la Chambre haute.
Des candidatures coordonnées dans neuf circonscriptions
L’accord annoncé lundi prévoit que Vox ne présente pas de candidats dans six circonscriptions : Las Palmas, Santa Cruz de Tenerife, Cadix, Valence, Castellón et les Baléares. Dans chacune d’elles, le PP accueille sur sa liste un candidat indépendant proposé par Vox. Le Parti populaire renonce, de son côté, à concourir au Guipuscoa, à Tarragone et à Gérone.
Pour Feijóo, ne pas réagir à la stratégie de la gauche serait irresponsable. Le dispositif vise à limiter la dispersion des suffrages entre les deux partis et à améliorer leur représentation au Sénat. Il ne préjuge cependant pas du résultat des élections.
Le dirigeant du PP critique la coalition de gauche
Alberto Núñez Feijóo a renouvelé ses attaques contre l’alliance sénatoriale du PSOE, de Frente Amplio et d’autres formations progressistes, qu’il qualifie de « coalición de desesperados ». Il avait déjà employé cette formule le 17 octobre. Les partis de gauche présentent des candidatures communes sous l’appellation Senado de Progreso afin de réduire les effets de la division de leurs électorats.
Le chef de l’opposition reproche à Pedro Sánchez d’avoir changé les règles du jeu politique en organisant cette alliance. Cette accusation relève de sa lecture électorale : la conclusion d’accords de candidatures ne constitue pas une modification de la loi électorale.
Vox ne confirme pas de négociations gouvernementales
Les représentants de Vox assurent que le compromis conclu avec le PP pour le Sénat ne signifie pas l’ouverture de négociations plus larges. La coordination des listes ne vaut ni programme gouvernemental commun ni accord anticipé sur une éventuelle investiture après les élections.
Les deux formations cherchent notamment à peser sur les équilibres institutionnels de la Chambre haute, qui intervient dans certaines procédures de nomination. Feijóo a évoqué l’objectif d’une majorité des trois cinquièmes, mais celle-ci dépendra des résultats du scrutin et de la répartition des sièges.
Une bataille électorale sur le contrôle du Sénat
Pedro Sánchez a dénoncé lundi le rapprochement entre le PP et Vox, estimant qu’il confirmait leur proximité politique. Feijóo a répliqué en défendant la légitimité de son accord. Dans les deux camps, les formations cherchent à limiter la fragmentation du vote dans des circonscriptions où le mode de scrutin sénatorial favorise la concentration des candidatures.
À un mois des élections générales du 29 novembre, la confrontation porte désormais autant sur la future composition du Sénat que sur les rapports de force au Congrès des députés. Les pactes électoraux sont actés, mais leur effet sur la majorité sénatoriale reste à déterminer par les urnes.

