Ceuta : la Guardia Civil affirme avoir signalé six navires marocains avant l’arrivée massive de migrants

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Foto: EBS

MADRID — Deux responsables de la Guardia Civil et de la Policía Nacional ont été entendus lundi 26 octobre par l’Audiencia Nacional dans l’enquête sur l’arrivée massive de migrants à Ceuta les 30 et 31 juillet. Leurs déclarations, rapportées par des sources judiciaires à RTVE et Europa Press, portent notamment sur la présence de six embarcations marocaines, le comportement présumé d’agents du pays voisin et les décisions prises au poste-frontière du Tarajal.

Le lieutenant-colonel Miguel Lobo, chef des opérations de la Guardia Civil à Ceuta, a déclaré avoir repéré la veille de la crise six navires marocains : deux patrouilleurs, deux vedettes d’interception et deux embarcations plus petites. Il affirme avoir signalé cette présence au délégué du gouvernement espagnol, tout en précisant que celui-ci ne lui a donné aucune instruction opérationnelle pendant les événements.

Des agents marocains auraient facilité le passage, selon un policier

L’inspecteur principal de la Policía Nacional Lorenzo Juan Fages a, pour sa part, affirmé avoir vu du côté marocain des agents en uniforme et des personnes en civil faire des gestes qui, selon lui, facilitaient l’avancée des migrants vers Ceuta. Il a également déclaré ne pas avoir reçu d’alerte préalable ni disposé d’un dispositif exceptionnel, alors qu’il avait auparavant demandé des renforts.

Ces témoignages restent des éléments d’une instruction judiciaire. Aucune décision de justice n’a, à ce stade, établi que les autorités marocaines avaient organisé l’arrivée massive ou que les navires repérés y avaient participé.

Une grille maintenue ouverte pour éviter des victimes

Les auditions ont aussi révélé des divergences entre les deux forces espagnoles sur la gestion du passage frontalier. Des policiers souhaitaient fermer une porte du dispositif pour interrompre le flux de personnes. Miguel Lobo a expliqué s’y être opposé afin d’éviter un mouvement de foule, des écrasements ou un report des traversées vers la mer.

Le responsable de la Guardia Civil a assumé cette décision, prise selon lui pour protéger les personnes présentes. La juge María Tardón cherche à déterminer les informations dont disposaient les différentes autorités et la chaîne de décisions suivie pendant la crise.

De nouvelles auditions mardi et mercredi

Trois membres du gouvernement de Ceuta, Alberto Ramón Gaitán, Nabila Benzina et Alejandro Ramírez, doivent être entendus mardi. Le président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, les avait désignés comme ayant participé directement à la gestion des événements. Trois autres agents des forces de sécurité sont convoqués mercredi.

La magistrate a par ailleurs demandé au ministère espagnol de la Défense de préciser les éventuels mouvements de bâtiments militaires marocains dans les eaux espagnoles pendant la période examinée. Ces investigations doivent permettre de confronter les témoignages aux éléments matériels et d’établir les responsabilités éventuelles, sans préjuger d’une implication des autorités marocaines.

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