Manifestations du 24 octobre : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés en France

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BFMTV

PARIS — La France prépare un dispositif de sécurité renforcé pour les manifestations du samedi 24 octobre, avec 20 % de policiers et de gendarmes supplémentaires par rapport au 17 octobre, des unités d’intervention spécialisées, des véhicules blindés et des militaires de l’opération Sentinelle affectés à la protection de sites sensibles. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, doit détailler ce vendredi les moyens engagés après les violences et les pillages survenus lors de la précédente mobilisation.

Le dispositif annoncé prévoit notamment le recours au RAID, à la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) et au Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), ainsi qu’à des blindés Centaure, des hélicoptères et des engins lanceurs d’eau. Le gouvernement entend renforcer la réactivité et la mobilité des forces de l’ordre face aux groupes qui, selon le ministère de l’Intérieur, ont agi de manière coordonnée pendant les précédentes manifestations.

Sentinelle chargée de protéger des sites, pas de maintenir l’ordre

Le recours à l’opération Sentinelle constitue l’une des nouveautés du dispositif. Les militaires doivent principalement assurer des missions de sécurisation statique de bâtiments et de lieux stratégiques. Ils remplaceront sur ces postes des policiers et des gendarmes qui pourront ainsi être redéployés vers des missions de maintien de l’ordre. L’exécutif a précisé que les soldats n’ont pas vocation à encadrer ou à disperser les cortèges.

La hausse de 20 % des effectifs a été annoncée par le ministre délégué à l’Intérieur, Jean-Didier Berger. Dans l’attente du bilan détaillé de la présentation ministérielle de vendredi, ce pourcentage ne permet pas, à lui seul, de donner un total national consolidé des agents mobilisés.

Des interdictions de manifester dans plusieurs villes

Le gouvernement a également durci les conditions d’organisation des rassemblements. Emmanuel Macron a annoncé que seules les manifestations organisées par des syndicats seraient autorisées et que des itinéraires alternatifs pourraient être proposés afin de protéger les commerces, les centres-villes et les bâtiments publics. Les décisions administratives restent soumises au cadre légal et aux éventuels recours devant la justice.

Des interdictions de rassemblement ont été annoncées pour samedi à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, ainsi que dans plusieurs villes, notamment Nice, Montpellier, Caen, Angoulême et Saint-Étienne. À Paris, un couvre-feu nocturne est prolongé dans certains secteurs et les musées du Louvre, d’Orsay et Picasso ainsi que le Grand Palais fermeront exceptionnellement. Les restrictions précises diffèrent selon les territoires.

À Orléans, où doivent se tenir un congrès du Rassemblement national et une importante contre-manifestation, les autorités prévoient un dispositif spécifique de près de 3 000 membres des forces de l’ordre.

Un Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron

La présentation du dispositif du ministère de l’Intérieur s’inscrit dans une journée chargée pour Emmanuel Macron. Le président de la République a convoqué un Conseil de défense à 9 heures afin d’examiner la situation et d’éventuelles mesures supplémentaires avant samedi. Laurent Nuñez doit présenter les moyens de sécurité à 11 h 30, aux côtés de responsables de la gendarmerie, de la préfecture de police et de la sécurité civile.

Jeudi, le chef de l’État avait appelé à la fermeté face aux violences et imputé une partie des troubles à des groupes organisés d’ultragauche. Il s’agit de l’analyse exprimée par le président, qui ne préjuge pas des conclusions des enquêtes judiciaires.

Les organisations lycéennes reçues à 15 heures

Emmanuel Macron doit recevoir vendredi à 15 heures à l’Élysée des lycéens et des représentants de leurs organisations afin d’entendre leurs revendications. Parmi leurs préoccupations figurent l’état des bâtiments scolaires et Parcoursup, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur.

Le président prévoit également de rencontrer des membres des forces de l’ordre. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit pour sa part se rendre à Limoges, où l’hôtel de ville a été incendié pendant les violences du 17 octobre. Il a annoncé pour lundi une réunion élargie avec des représentants des lycéens, des étudiants, des enseignants, des syndicats, du patronat, des collectivités territoriales et du Parlement.

La mobilisation du 24 octobre constituera un test pour le dispositif annoncé par l’Intérieur. Les éventuelles décisions supplémentaires prises vendredi et les conditions définitives des cortèges autorisés restent à préciser.

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