BRUXELLES — Emmanuel Macron participe jeudi 15 octobre au Conseil européen avec un dossier industriel central : la protection de la production européenne face à la concurrence chinoise, particulièrement dans l’automobile, tout en maintenant les objectifs de décarbonation. Le président français arrive à Bruxelles dans un contexte de rapprochement avec l’Allemagne sur la réglementation automobile et les instruments de défense commerciale.
Les Vingt-Sept débattent de la compétitivité, de la flambée des prix de l’énergie et du déséquilibre des échanges avec la Chine. Selon Reuters, le déficit commercial européen avec Pékin a atteint 360 milliards d’euros en 2025. La pression concurrentielle concerne les voitures, mais aussi la sidérurgie, la chimie et les équipements industriels.
Un compromis franco-allemand en discussion
Macron a indiqué cette semaine qu’un accord avec Berlin sur l’avenir de l’industrie automobile européenne était proche. Les discussions portent sur un éventuel assouplissement des règles encadrant la vente de véhicules thermiques à partir de 2035 et sur l’introduction de critères de production européenne dans certains dispositifs de soutien public.
Paris défend une préférence pour les véhicules, batteries et composants produits dans l’Union. L’Allemagne souhaite préserver une capacité d’adaptation pour ses constructeurs. Aucun changement réglementaire n’est acquis : les propositions devraient encore suivre les procédures européennes nécessaires.
Des instruments commerciaux face à Pékin
La France et l’Allemagne réclament une réponse plus ferme aux pratiques commerciales qu’elles jugent déloyales. La Commission a engagé un accord visant à limiter les importations de voitures hybrides chinoises, première étape d’une discussion plus large sur la protection des secteurs industriels européens. De nouveaux instruments de défense commerciale figurent parmi les pistes débattues.
Ces choix concernent directement l’espace économique pyrénéen et méditerranéen. La Catalogne dispose d’une importante filière automobile et de fournisseurs de composants ; l’Occitanie rassemble des activités aéronautiques et un réseau dense de sous-traitants. Les règles relatives à la production européenne et à l’énergie pourraient peser sur les investissements et les chaînes d’approvisionnement de ces territoires.
Le choc énergétique complique les arbitrages
La hausse des prix des combustibles, alimentée par la crise au Moyen-Orient, renchérit les coûts industriels. Le Conseil européen doit demander à la Commission d’étudier des mesures temporaires pour les ménages et les entreprises. Les États restent toutefois divisés sur d’éventuelles modifications des dispositifs climatiques européens.
Le futur budget de l’Union pour 2028-2034 et l’aide à l’Ukraine figurent aussi à l’ordre du jour. Pour Macron, l’un des enjeux de ce sommet est de transformer le rapprochement franco-allemand en orientations industrielles communes. Les négociations sur l’automobile restent ouvertes et leurs conclusions ne peuvent être anticipées.

