BRUXELLES — La campagne précédant les élections législatives espagnoles du 29 novembre se joue aussi ce jeudi à Bruxelles. Alberto Núñez Feijóo participe à une réunion du Parti populaire européen (PPE), tandis que Pedro Sánchez siège au Conseil européen, dont les débats porteront notamment sur la crise migratoire de Ceuta.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président du Parti populaire a remercié ses homologues européens pour leur « soutien et leur confiance » à l’approche du scrutin. « Une Espagne qui retrouve son cap et son leadership sera une bonne nouvelle pour tous », a-t-il déclaré. Une prise de parole devant la presse est attendue après sa réunion politique.
Deux rendez-vous européens distincts
Les deux responsables espagnols ne participent pas à la même réunion. Feijóo cherche à consolider ses relations avec sa famille politique européenne. Sánchez représente l’Espagne au sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union, organisé les 15 et 16 octobre.
À l’ordre du jour du Conseil européen figurent la migration, les prix de l’énergie, le budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034, l’Ukraine et le commerce international. Madrid souhaite notamment faire reconnaître la situation particulière de Ceuta et Melilla, frontières terrestres de l’Union avec l’Afrique, et obtenir un soutien européen à leur gestion.
La crise de Ceuta au cœur des divergences
Cette présence simultanée intervient au lendemain de la demande de Feijóo visant à faire comparaître Sánchez devant la Députation permanente du Congrès. Le PP réclame des explications sur l’entrée non autorisée de bâtiments militaires marocains dans les eaux espagnoles près de Ceuta lors de la crise des 30 et 31 juillet. Il a également transmis ces informations à l’Audience nationale.
Le gouvernement défend la confidentialité de la gestion de cet incident au nom de la sécurité nationale. Le ministre Félix Bolaños affirme que les mouvements des navires marocains n’étaient pas liés aux arrivées massives de migrants. Ces affirmations opposées relèvent du débat politique et ne constituent pas des conclusions judiciaires.
À Bruxelles, Sánchez doit défendre la politique migratoire espagnole face à des partenaires européens dont les orientations diffèrent. Feijóo avait annoncé son intention d’évoquer l’affaire des navires avec ses alliés du PPE. Le soutien politique dont il fait état ne constitue pas, à ce stade, une prise de position formelle du parti européen sur cet incident.
À six semaines du scrutin du 29 novembre, les discussions européennes deviennent ainsi un autre terrain de confrontation entre le gouvernement espagnol et son opposition.

