MADRID — Le juge Santiago Pedraz, chargé de l’affaire Leire Díez à l’Audiencia Nacional, pourrait se prononcer vendredi 9 octobre sur la demande du Parti populaire visant à faire du PSOE une personne morale mise en cause dans l’enquête. Le magistrat dispose désormais de l’avis du parquet anticorruption, qui relève des indices susceptibles de concerner la formation socialiste, mais estime qu’une telle décision serait prématurée à ce stade de l’instruction.
Le PP, constitué partie accusatrice populaire, évoque des soupçons de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds, de blanchiment et de financement illégal. Il affirme que le PSOE aurait pris en charge certaines dépenses d’un réseau présumé autour de Leire Díez et de l’ancien secrétaire à l’Organisation du parti, Santos Cerdán. Ces accusations restent à établir par la justice.
Le parquet souhaite poursuivre les auditions
Dans son rapport transmis au juge, Anticorruption recommande de compléter les investigations avant d’envisager la mise en cause du parti lui-même. L’audition de Santos Cerdán figure parmi les actes jugés nécessaires. Cet avis ne lie pas le magistrat : celui-ci peut prendre une décision, demander d’autres vérifications ou attendre l’achèvement des actes en cours.
L’enquête porte sur de possibles interventions destinées à entraver des procédures judiciaires sensibles pour le PSOE et le gouvernement espagnol. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si des contrats d’avocats ou de cabinets de conseil ont servi à financer des activités liées au réseau présumé. Santiago Pedraz a demandé la liste et les justificatifs des prestations juridiques commandées par le PSOE entre 2021 et 2025.
Une échéance judiciaire dans la précampagne électorale
Si le parti devenait formellement mis en cause en tant que personne morale, il s’agirait d’une évolution procédurale, nullement d’une condamnation. Le juge devra apprécier les éléments réunis et les conditions légales d’une éventuelle responsabilité pénale de l’organisation.
Le calendrier judiciaire intervient alors que les formations espagnoles préparent les législatives anticipées du 29 novembre. Aucune décision du juge sur la demande du PP n’était confirmée au moment de la rédaction. La suite dépendra de l’examen du rapport du parquet et des investigations restant à mener.

