MADRID — L’Espagne se prépare à une grève générale de 24 heures le mercredi 11 novembre, centrée sur la crise de l’accès au logement et sur la capacité des salaires à en supporter le coût. UGT a confirmé mercredi que la date était arrêtée avec CCOO, même si les modalités de la mobilisation doivent encore être finalisées dans l’après-midi avec les organisations de locataires et les autres syndicats souhaitant rejoindre le mouvement.
Cette date place la grève seulement deux jours avant le début officiel de la campagne des élections générales du 29 novembre, programmée du 13 au 27 novembre. La mobilisation interviendra ainsi directement dans une précampagne où le logement est déjà devenu l’un des principaux sujets du débat politique.
Le secrétaire général d’UGT, Pepe Álvarez, a affirmé mercredi sur RTVE que la date était « arrêtée avec CCOO » et que la réunion prévue dans l’après-midi servirait à terminer les discussions avec les syndicats de locataires et les autres organisations syndicales. La Confédération des syndicats de locataires avait elle aussi proposé le 11 novembre.
Une grève de 24 heures pour le logement et les salaires
CCOO et UGT avaient décidé le 5 octobre de préparer une grève générale de 24 heures à l’automne, sous réserve alors de sa ratification et de la fixation d’une date avec les mouvements sociaux. Les deux centrales relient explicitement la crise du logement au monde du travail : elles estiment que le coût des loyers et de l’achat absorbe une part croissante des revenus et réclament des « salaires dignes pour accéder à un logement digne ».
La mobilisation intervient après plusieurs semaines de manifestations organisées par des collectifs de locataires et des mouvements sociaux, ainsi qu’après le rejet initial par le Congrès des décrets gouvernementaux sur le logement. L’exécutif a adopté à nouveau ces mesures mardi, alors que les Cortes sont désormais dissoutes. Elles devront donc être examinées par la Députation permanente.
Si elle est formalisée dans les conditions annoncées, il s’agira de la première grève générale nationale de 24 heures soutenue conjointement par CCOO et UGT depuis celle du 14 novembre 2012. Des organisations comme la CGT, la CIG, ELA et d’autres syndicats territoriaux participent également à la préparation du mouvement, même si leur adhésion et les modalités définitives doivent encore être arrêtées.
Pourquoi un mercredi ?
Le 11 novembre tombe un mercredi. Ce choix correspond à une pratique fréquente lors des grandes grèves générales espagnoles : une mobilisation en milieu de semaine permet de concentrer l’impact sur une journée normale de travail et de l’éloigner des week-ends, jours fériés ou ponts susceptibles de brouiller la mesure de la participation.
Plusieurs grandes grèves générales organisées en Espagne au cours des dernières décennies ont ainsi eu lieu un mercredi ou un jeudi. La précédente grève générale nationale soutenue par CCOO et UGT, le 14 novembre 2012, s’était elle aussi déroulée un mercredi.
La proximité du 29N ajoute une dimension politique
La proximité des élections ajoute inévitablement une dimension politique à la mobilisation, même si les organisations à l’origine du mouvement la rattachent à des revendications sociales et professionnelles portant sur les salaires et le logement. La CEOE, Cepyme et d’autres organisations ont contesté le mouvement et soulevé des interrogations sur son caractère professionnel, tandis que les syndicats défendent le lien direct entre l’accès au logement, la suffisance des salaires et les conditions matérielles des travailleurs.
Le calendrier laisse désormais un peu plus d’un mois pour préparer la mobilisation dans les entreprises, les lieux de travail et les différents territoires. La réunion de mercredi après-midi doit préciser le périmètre définitif des organisations appelant à la grève et les prochaines étapes formelles. Le 11 novembre se situera dans tous les cas à un moment particulièrement sensible du calendrier : 48 heures avant l’ouverture officielle de la campagne électorale du 29N.

