BARCELONE — L’IBEX 35 et le CAC 40 abordent la séance de mardi avec un même couple de risques : un pétrole toujours supérieur à 106 dollars et la forte remontée des rendements obligataires américains. Madrid repart de 19 600,3 points après un recul d’environ 0,5% lundi, tandis que Paris a terminé quasiment stable à 8 078,48 points. Wall Street a clôturé dans le rouge : -0,7% pour le Dow Jones, -0,8% pour le S&P 500 et -0,9% pour le Nasdaq.
En Asie, le tableau reste partagé avant l’ouverture européenne. Shanghai progresse légèrement et le CSI 300 évolue autour de l’équilibre, alors que Hong Kong recule. Le Brent gravite ce matin autour de 107 dollars le baril, toujours soutenu par les incertitudes sur l’approvisionnement au Moyen-Orient. L’euro évolue sous 1,14 dollar, proche de ses plus bas de l’année face au billet vert.
Repsol, IAG et les banques à suivre à Madrid
Sur l’IBEX, Repsol restera directement sensible aux mouvements du brut. La hausse de l’énergie peut soutenir les revenus pétroliers mais renchérit parallèlement la facture des entreprises fortement consommatrices de carburant, notamment IAG. Santander, BBVA et CaixaBank seront également à surveiller : la remontée des rendements peut soutenir les marges bancaires, mais des conditions monétaires durablement plus restrictives augmenteraient aussi les risques sur le crédit et l’activité.
Le premier test espagnol sera l’estimation préliminaire de l’inflation de septembre. L’IPC avait atteint 4,3% sur un an en août. Les investisseurs chercheront à mesurer l’ampleur de la transmission de la hausse énergétique aux prix. Une surprise à la hausse renforcerait la sensibilité des banques, de l’immobilier et des valeurs de croissance aux anticipations de taux.
TotalEnergies au centre de la séance parisienne
À Paris, TotalEnergies restera l’un des principaux catalyseurs après sa journée investisseurs. Le groupe prévoit une hausse annuelle du dividende supérieure à 5% jusqu’en 2030 et portera ses rachats d’actions à 2,5 milliards de dollars au quatrième trimestre. BNP Paribas et Société Générale resteront exposées aux mouvements des courbes de taux. Pour Airbus et Safran, un pétrole durablement cher constitue surtout un facteur de pression pour leurs clients aériens, sans catalyseur d’entreprise comparable ce mardi.
À 11h00, la Commission européenne publiera ses indicateurs de sentiment économique de septembre. Christine Lagarde interviendra ensuite à 13h00 lors d’une conférence de la BCE à Francfort. Le scénario central privilégie une ouverture stable et une séance d’abord attentiste, les investisseurs restant concentrés sur l’inflation espagnole, le pétrole et les rendements obligataires. La tendance pourrait se préciser avec les premières publications macroéconomiques européennes. Un reflux du Brent et des rendements pourrait détendre les actifs risqués ; une nouvelle poussée raviverait au contraire le scénario de taux durablement élevés.

