CEUTA — Le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie, de Ceuta et de Melilla (TSJA) a confirmé mardi une hausse de 60 % de la délinquance enregistrée à Ceuta en août par rapport au même mois de l’année précédente. Cette donnée judiciaire apporte un nouvel indicateur sur la situation sécuritaire de la ville après l’entrée massive de personnes depuis le Maroc les 30 et 31 juillet et plusieurs semaines de forte pression sur les forces de sécurité et les tribunaux.
La comparaison porte sur août 2026 par rapport à août 2025 et doit être lue dans ce périmètre précis. Ce pourcentage ne permet pas, à lui seul, d’attribuer l’ensemble des nouvelles procédures aux personnes entrées irrégulièrement à la fin juillet, ni d’établir un lien de causalité général entre immigration et délinquance. Il confirme en revanche une augmentation très importante de l’activité pénale parvenue devant la justice pendant le mois suivant la crise frontalière.
Des tribunaux déjà placés sous tension
La pression sur les juridictions avait conduit à des mesures exceptionnelles dès le mois d’août. L’inspection du Conseil général du pouvoir judiciaire avait comptabilisé 96 procédures préliminaires liées à des décès entre le 30 juillet et le 5 août, auxquelles s’ajoutaient 23 procédures avec des personnes interpellées et 15 procédures urgentes. Entre le 5 et le 11 août, 72 autres procès-verbaux impliquant des personnes arrêtées ou convoquées avaient été enregistrés.
Face à cette charge, le TSJA avait renforcé les juridictions de Ceuta, notamment avec un système de double permanence et des mesures concernant le poste spécialisé dans les violences faites aux femmes. Ce dispositif judiciaire s’est ajouté au renforcement policier exceptionnel déployé dans la ville.
La sécurité au centre de la crise
Le chiffre publié mardi intervient après plusieurs semaines de controverse politique sur la sécurité. Le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska avait reconnu fin août une augmentation de l’activité judiciaire tout en défendant les renforts envoyés sur place. Selon son ministère, Ceuta a compté jusqu’à 1 594 policiers nationaux et gardes civils après la crise, avec l’appui des forces armées.
Plusieurs épisodes graves ont également marqué le mois d’août, entre troubles, vols et agressions. Le 27 août, douze ressortissants marocains ont été arrêtés pour leur participation présumée à une attaque à coups de pierres contre quatre militaires dans le secteur de Benzú. Chaque infraction et la responsabilité de ses auteurs relèvent toutefois de procédures individuelles.
La donnée du TSJA fournit désormais une première comparaison annuelle complète pour le mois qui a suivi l’entrée massive. Les chiffres de septembre permettront de déterminer si la hausse observée en août était concentrée dans les semaines ayant suivi la crise ou si elle s’inscrit dans la durée.

