MADRID — Le gouvernement espagnol défend le dispositif qui a permis vendredi de transférer 1 700 migrants des plages d’El Trampolín et Benítez vers le camp temporaire installé dans le port de Ceuta. La Moncloa estime que l’opération a fonctionné malgré sa grande complexité, alors que plusieurs milliers de personnes restent encore hors des structures provisoires d’accueil.
L’opération s’est achevée vers 13 heures, avec l’ensemble des places du nouveau site occupées. Son ouverture porte à environ 6 000 le nombre de places aménagées et actuellement utilisées dans les installations temporaires. Mais, selon les chiffres des forces de sécurité transmis à la Moncloa, entre 3 000 et 4 000 migrants restent encore dans les rues, les zones montagneuses et sur les plages de la ville autonome.
Un transfert simultané sans précédent
Plus de 240 policiers et gendarmes ont participé au dispositif, coordonné par la Police nationale avec l’appui de la Guardia Civil et de moyens aériens, notamment des drones. Le gouvernement souligne qu’un transfert simultané de 1 700 personnes de cette nature n’avait jamais été organisé en Espagne et présente l’opération comme l’une des plus complexes menées depuis le début de la crise.
Les premières heures ont néanmoins été marquées par des moments de tension. L’arrivée des forces de sécurité a provoqué des mouvements de foule, plusieurs personnes tentant de rejoindre rapidement le port face au nombre limité de places. Les agents ont dû contenir puis réorganiser les groupes. La Moncloa affirme que la situation a pu être maîtrisée en quelques heures et insiste sur l’absence d’incidents graves.
L’exécutif reconnaît également que beaucoup plus de personnes que prévu se sont présentées. L’annonce préalable du transfert et l’autorisation définitive accordée par l’Audience nationale ont conduit des migrants installés dans d’autres secteurs de Ceuta à rejoindre eux aussi le port.
Deux lectures politiques opposées
La gestion de l’opération a provoqué un nouvel affrontement politique. Depuis Melilla, Alberto Núñez Feijóo a critiqué le transfert et réclamé le retour au Maroc des personnes entrées irrégulièrement. Le dirigeant du Parti populaire a rendu le gouvernement de Pedro Sánchez responsable de la situation à Ceuta et mis en cause sa capacité à rétablir l’ordre.
La Moncloa rejette ces critiques et rappelle que les retours doivent respecter la législation et les procédures individuelles applicables. Le gouvernement qualifie la position du PP d’« irresponsable » et estime que le transfert était nécessaire pour identifier les personnes, améliorer leur prise en charge et engager les démarches administratives.
L’opération du port règle donc une partie immédiate du problème sans mettre fin à la pression sur Ceuta. Alors que le nouveau site est complet et que plusieurs milliers de personnes restent en dehors du dispositif temporaire, le prochain enjeu sera d’accroître les capacités d’accueil et d’accélérer les procédures d’identification et de retour dans le respect du cadre légal.

