CETA, dix ans après : la base économique sur laquelle le Canada se rapproche de l’Europe

Roundtable, from left to right, in a clockwise direction: Mark Carney, Canadian Prime Minister, 2nd, Ursula von der Leyen, 6th, and António Costa, 7th Foto: Dati Bendo / ESB

BRUXELLES — Le rapprochement accéléré entre le Canada et l’Union européenne ne naît pas de la crise actuelle avec les États-Unis. Il repose sur près d’une décennie d’intégration économique construite autour du CETA, l’accord commercial entré en application provisoire le 21 septembre 2017 et qui constitue aujourd’hui l’infrastructure économique d’une relation désormais appelée à devenir beaucoup plus politique.

Les chiffres mesurent l’ampleur du changement. Selon la Commission européenne, les échanges bilatéraux de biens et services sont passés de 72,1 milliards d’euros en 2016 à 130 milliards en 2025, soit une progression de 80 %. Les seuls échanges de marchandises ont atteint 81,5 milliards, en hausse de 76 % par rapport à la période précédant l’application provisoire de l’accord. Les exportations européennes de biens vers le Canada ont progressé de 62 %, à 48,8 milliards.

Des droits de douane aux chaînes de valeur

Le CETA a supprimé ou réduit une grande partie des barrières tarifaires, ouvert les marchés publics et créé des mécanismes de coopération réglementaire. L’utilisation de ses préférences par les exportateurs européens a elle aussi progressé : de 38,7 % en 2018 à 63,2 % en 2024, pour une économie estimée à 636 millions d’euros de droits de douane cette année-là.

L’UE est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière les États-Unis et devant la Chine. La relation reste néanmoins asymétrique : le marché américain absorbe encore environ les deux tiers des exportations canadiennes. Cette dépendance permet de comprendre pourquoi Ottawa cherche désormais à transformer la plateforme construite avec l’Europe en véritable stratégie de diversification.

Une architecture déjà en place

La coopération ne se limite d’ailleurs plus au commerce. Le CETA coexiste avec l’Accord de partenariat stratégique Canada-UE et a fourni un point d’appui à l’élargissement de la relation vers des secteurs qui occupaient une place secondaire il y a dix ans : matières premières critiques, énergie, technologies numériques, sécurité économique et industrie.

Le CETA n’a toutefois toujours pas achevé sa ratification dans l’ensemble des États membres et reste largement appliqué à titre provisoire. Ce point rappelle les limites institutionnelles de la relation au moment même où Ottawa explore des formes d’intégration beaucoup plus ambitieuses.

La séquence qui s’ouvre cette semaine à Strasbourg repose donc sur une base concrète. Le Canada ne découvre pas l’Europe comme alternative commerciale : il construit depuis près d’une décennie les instruments permettant de s’en rapprocher. La nouveauté de 2026 est que ces instruments prennent désormais une dimension stratégique.

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Periodista y director editorial de OLA NEXT, con más de 15 años de experiencia en televisión y agencias de noticias. Ha desarrollado su trayectoria profesional entre España y Francia, trabajando para diferentes medios de comunicación. Especializado en actualidad, economía y asuntos europeos, dirige el desarrollo editorial de OLA NEXT.
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