Les femmes de chambre réclament une retraite anticipée et ouvrent un nouveau débat sur les coûts dans l’hôtellerie

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PALMA — Les femmes de chambre ouvrent un nouveau front social dans l’industrie touristique espagnole. UGT a déposé en juillet une demande visant à permettre à quelque 175 000 salariées de bénéficier de coefficients réducteurs afin d’avancer leur âge de départ à la retraite en raison de la pénibilité de leur métier. La démarche prend une dimension particulière aux Baléares, où la forte concentration hôtelière fait des kellys l’un des collectifs essentiels du marché du travail touristique.

Cette demande ne signifie pas qu’un nouveau droit est déjà accordé. La procédure doit démontrer que les conditions de travail présentent des niveaux particulièrement élevés de pénibilité, de dangerosité, d’insalubrité ou de morbidité et qu’elles ne peuvent être suffisamment corrigées. Un éventuel départ anticipé serait par ailleurs accompagné d’une hausse des cotisations destinée à financer son coût supplémentaire.

Une procédure encore sans consensus syndical

UGT a lancé la démarche sans que CC OO ne s’y soit pour l’instant formellement associé. Le second syndicat souhaite d’abord connaître la position des employeurs lors d’une réunion prévue à la fin du mois de septembre. La Confédération espagnole des hôtels et hébergements touristiques (CEHAT), principale organisation patronale du secteur, n’a pas non plus arrêté sa position définitive.

Le débat repose sur une réalité bien identifiée dans les hôtels : répétition des gestes, manutention de charges, postures contraignantes et cadences intensives de nettoyage susceptibles de favoriser les troubles musculosquelettiques et les arrêts de travail. Les parlements des Baléares et des Canaries se sont déjà prononcés en faveur d’un accès facilité à une retraite anticipée pour ces salariées.

Mais une reconnaissance aurait également des conséquences économiques. Les coefficients réducteurs impliquent une surcotisation pour les entreprises et les travailleurs. Aux Baléares, ce coût toucherait une industrie qui fait simultanément face à des difficultés de recrutement, à une forte pression salariale et aux problèmes de logement des saisonniers liés aux prix de l’immobilier.

Les Baléares comme laboratoire touristique

Le mouvement dépasse les seules femmes de chambre. D’autres secteurs fortement féminisés utilisent le nouveau cadre pour demander des dispositifs comparables : environ 150 000 travailleuses de l’aide à domicile et quelque 15 000 membres féminins du personnel navigant commercial figurent parmi les collectifs mobilisés. Les syndicats veulent notamment corriger un système dans lequel une grande partie des professions bénéficiant déjà de retraites anticipées sont historiquement masculines.

Pour l’hôtellerie baléare, la discussion permettra de mesurer jusqu’où peut aller la reconnaissance de la pénibilité sans ajouter de nouveaux déséquilibres à un marché du travail déjà sous tension. Il faudra connaître le coefficient demandé, l’âge effectif auquel le départ pourrait être avancé et le niveau de surcotisation correspondant. À ce stade, le dossier ouvre une procédure : il n’accorde pas automatiquement une retraite anticipée aux 175 000 salariées concernées.

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