Le gouvernement prolonge la centrale nucléaire d’Almaraz jusqu’en juin 2030

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MADRID — Le gouvernement espagnol a renouvelé l’autorisation d’exploitation des deux réacteurs de la centrale nucléaire d’Almaraz, dans la province de Cáceres, jusqu’au 8 juin 2030. La décision figure dans l’Orden TED/864/2026, datée du 12 août et publiée ce vendredi 14 août au Bulletin officiel espagnol. Elle prolonge d’environ 31 mois l’activité prévue d’Almaraz I et de 19 mois celle d’Almaraz II par rapport aux autorisations qui expiraient le 1er novembre 2027 et le 31 octobre 2028.

Ce renouvellement s’appuie sur l’avis favorable, assorti de conditions, rendu en juillet par le Conseil de sécurité nucléaire espagnol. Le régulateur a examiné la gestion du vieillissement des structures, systèmes et composants, la protection contre les incendies, la qualification environnementale des équipements et les ressources humaines. Il a également conclu que le site disposait d’une solution suffisante pour entreposer le combustible usé jusqu’en 2030, grâce aux capacités existantes et au futur stockage temporaire individualisé ATI-100.

Des exigences de sûreté maintenues

L’arrêté conserve les limites et conditions de l’autorisation précédente et reprend les exigences du CSN. L’exploitant devra notamment préserver des marges suffisantes au-dessus des effectifs minimaux pour les fonctions liées à la sûreté pendant la période 2028-2030. La centrale restera soumise au contrôle continu du régulateur et au respect de ses documents officiels d’exploitation.

Almaraz appartient à Iberdrola, Endesa et Naturgy par l’intermédiaire de Centrales Nucleares Almaraz-Trillo. Ses deux réacteurs à eau pressurisée ont commencé à fonctionner respectivement en 1981 et 1983. Leur maintien apporte une capacité pilotable au système électrique ibérique, alors que les prix de gros, le recours aux centrales à gaz et la sécurité d’approvisionnement restent suivis de près.

Pas de prolongation générale du parc

La décision concerne uniquement Almaraz. Elle ne prolonge pas automatiquement les autres centrales espagnoles et ne modifie pas, à elle seule, l’échéance nationale de fermeture du nucléaire fixée à 2035. Toute évolution supplémentaire nécessitera une demande des exploitants, une évaluation du CSN et une décision spécifique du ministère de la Transition écologique.

Les réactions d’Iberdrola, Endesa et Naturgy sont encore attendues, tout comme la traduction économique précise de cette extension : coûts d’exploitation, contributions à la gestion des déchets et besoins en combustible. La décision lève néanmoins jusqu’en juin 2030 l’une des principales incertitudes du calendrier énergétique espagnol.

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