MADRID — Les tensions diplomatiques entre l’Espagne et l’Italie se sont accentuées vendredi après que le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a demandé à la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, de fixer un calendrier pour mettre fin aux contrôles temporaires rétablis aux frontières intérieures de l’espace Schengen. Rome a immédiatement répondu en affirmant que « l’Italie n’accepte pas les ultimatums » et qu’elle ne fixerait aucune échéance pour lever ces mesures.
Le différend intervient alors que les autorités italiennes maintiennent les contrôles instaurés pour des raisons de sécurité. Si le Code frontières Schengen autorise les États membres à rétablir temporairement des contrôles en cas de menace pour l’ordre public ou la sécurité nationale, Madrid estime que leur prolongation porte atteinte à la libre circulation des citoyens européens.
Madrid réclame un retour à la libre circulation
Pedro Sánchez a jugé cette situation « inacceptable » et rappelé que les citoyens espagnols doivent pouvoir circuler librement au sein de l’espace Schengen. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a de son côté dénoncé une « atteinte à la dignité » des Espagnols et demandé davantage de transparence sur la durée des restrictions.
Le gouvernement espagnol considère que des mesures exceptionnelles ne peuvent devenir permanentes et qu’elles doivent rester strictement encadrées par le droit européen.
Rome campe sur sa position
Le gouvernement de Giorgia Meloni a rejeté les critiques espagnoles, estimant que les décisions en matière de sécurité relèvent exclusivement des autorités italiennes. Rome affirme que les contrôles resteront en vigueur aussi longtemps que les circonstances l’exigeront et rappelle que plusieurs États membres appliquent actuellement des dispositifs similaires.
Schengen de nouveau sous pression
Cette confrontation intervient dans un contexte de fortes tensions sur les questions migratoires et sécuritaires en Europe. Après la crise de Ceuta, la gestion des frontières extérieures et intérieures de l’Union européenne est redevenue un sujet majeur du débat politique européen.
Au-delà du désaccord entre Madrid et Rome, cette séquence relance la réflexion sur l’équilibre entre la liberté de circulation, principe fondateur de Schengen, et les impératifs de sécurité invoqués par plusieurs gouvernements européens.

