PARIS — Les vols régionaux pourraient devenir le premier terrain de développement de l’aviation électrique au cours de la prochaine décennie. Selon plusieurs industriels du secteur, près d’un vol européen sur quatre couvre aujourd’hui une distance inférieure à 500 kilomètres, un segment compatible avec les capacités attendues des futurs appareils électriques ou hybrides-électriques.
Contrairement aux avions long-courriers, dont l’électrification reste limitée par les performances actuelles des batteries, les liaisons courtes représentent un marché plus accessible. Les constructeurs spécialisés estiment que des dessertes commerciales pourraient voir le jour dès le début des années 2030, principalement sur des lignes régionales reliant des villes secondaires ou des territoires insulaires.
De nouveaux acteurs face aux géants du secteur
Cette transition ne devrait toutefois pas être portée, dans un premier temps, par les grands constructeurs historiques. Airbus et Boeing poursuivent leurs travaux sur les technologies bas carbone, mais les premiers avions électriques destinés au transport commercial pourraient provenir de jeunes entreprises spécialisées, qui développent des appareils de faible capacité adaptés aux trajets courts.
Le secteur mise sur des avions transportant une dizaine à plusieurs dizaines de passagers, avec une autonomie compatible avec les réseaux régionaux européens. Les progrès attendus dans les batteries, les moteurs électriques et les matériaux composites seront déterminants pour atteindre la rentabilité économique.
Une opportunité pour les territoires
L’aviation électrique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les régions disposant d’aéroports de proximité, en réduisant les émissions de CO₂, le bruit et les coûts d’exploitation sur certaines lignes. Les dessertes entre métropoles régionales, îles et territoires transfrontaliers figurent parmi les marchés les plus prometteurs.
Pour l’industrie aéronautique européenne, le défi reste désormais de transformer ces avancées technologiques en solutions industrielles viables. Si les premiers vols commerciaux sont envisagés à partir de 2030, leur déploiement dépendra des progrès techniques, des procédures de certification et des investissements dans les infrastructures de recharge des aéroports.

