MADRID — Les incendies ont déjà touché 207 257 hectares en Espagne depuis le début de 2026, selon les estimations du système européen Copernicus. Ce bilan place la campagne parmi les plus sévères de ces dernières années et confirme une nette accélération au cours du mois de juillet.
Le chiffre européen dépasse celui communiqué par le gouvernement, qui estimait mardi la surface brûlée à plus de 170 000 hectares. Les deux mesures n’utilisent ni le même calendrier ni la même méthode et ne doivent donc pas être interprétées comme contradictoires.
Deux méthodes pour mesurer les incendies
Copernicus s’appuie sur des images satellites pour délimiter les zones parcourues par les flammes. Les statistiques espagnoles doivent valider chaque périmètre, distinguer les forêts des cultures et des autres terrains, puis éviter les doublons lorsque plusieurs fronts finissent par se rejoindre.
Cette différence explique pourquoi le comptage européen progresse plus rapidement pendant une crise. Les données nationales sont consolidées ensuite et permettent d’identifier plus précisément la végétation touchée, le statut des sols et les dommages économiques.
Le mois de juillet alourdit fortement le bilan
Les grands incendies de Madrid, Ávila et Tolède représentent environ 66 000 hectares. S’y ajoutent La Mierla, dans la province de Guadalajara, avec plus de 30 000 hectares, la Vall d’Uixó, à Castellón, ainsi que plusieurs feux en Aragon, Catalogne et Castille-et-León.
La superficie ne résume pas, à elle seule, la gravité de la campagne. Les évacuations et les dégâts causés aux logements, exploitations agricoles, réseaux électriques et routes renforcent l’impact territorial. Ils augmentent aussi le coût de la restauration et de la prévention pour les années à venir.
La nouvelle vague de chaleur entretient le risque de reprises. Températures élevées, faible humidité et vent peuvent réactiver des périmètres apparemment stabilisés. Les secours rappellent ainsi qu’un incendie stabilisé n’est pas encore contrôlé, et qu’un feu contrôlé n’est pas forcément éteint.
Ce bilan provisoire montre enfin que la prévention ne peut plus se limiter à l’été. Entretien des massifs, coupures de combustible, activité agricole et coordination publique doivent désormais s’inscrire dans une action continue.

