La dernière enquête du Centre d’études d’opinion (CEO) provoque un bouleversement majeur dans le paysage politique catalan. Les projections annoncent une transformation profonde du bloc indépendantiste : Junts per Catalunya entre dans une phase de fort recul tandis qu’Aliança Catalana progresse rapidement.
La formation de Sílvia Orriols obtiendrait entre 23 et 25 sièges et deviendrait la troisième force du Parlement catalan. Elle menacerait ainsi l’hégémonie détenue depuis une décennie par ERC et Junts sur l’électorat souverainiste.
Cette évolution révèle qu’une partie des électeurs indépendantistes sanctionne la paralysie stratégique des grands partis et se tourne vers des discours plus fermes sur l’identité, la sécurité et le contrôle du territoire. Junts pourrait perdre près de la moitié de sa représentation actuelle.
Le PSC resterait en tête, mais devrait gouverner dans un Parlement plus fragmenté et plus difficile à stabiliser. La progression d’Aliança Catalana modifierait profondément les combinaisons nécessaires à la formation d’une majorité.
Conséquences pour la gouvernance eurorégionale
Cette recomposition intervient à l’approche d’une décision importante de la Cour de justice de l’Union européenne sur l’application de l’amnistie. Une décision défavorable pourrait accélérer encore la crise de Junts et consolider l’alternative portée par Sílvia Orriols.
Pour l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée, la stabilité institutionnelle de la Catalogne reste essentielle. Une polarisation accrue pourrait compliquer la coopération avec l’Occitanie sur l’eau, l’énergie, les transports et les politiques transfrontalières.
Le débat catalan ne porte donc plus uniquement sur la relation avec l’État espagnol, mais également sur l’identité politique interne et sur le modèle de société. Cette transformation devrait structurer l’agenda régional jusqu’à la fin de la décennie.

