Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, est arrivé à Paris pour une mission diplomatique à haut risque. Sa participation aux cérémonies officielles du 14 Juillet, à l’invitation personnelle du président Emmanuel Macron, intervient dans l’ombre du récent blocage parlementaire du traité d’amitié et de coopération de Barcelone.
Le Sénat espagnol, où le Parti populaire dispose de la majorité absolue, a suspendu la ratification de cet accord stratégique en invoquant des interrogations constitutionnelles relatives à la participation de ministres français à certaines réunions du gouvernement espagnol. Cette paralysie institutionnelle transforme une visite protocolaire en sommet informel de gestion de crise au palais de l’Élysée.
Pedro Sánchez doit rassurer Emmanuel Macron sur la solidité de l’engagement espagnol en faveur de l’axe franco-espagnol malgré les difficultés législatives internes. Le traité constitue le cadre juridique destiné à accélérer plusieurs projets critiques pour la souveraineté européenne : le corridor d’hydrogène BarMar entre Barcelone et Marseille, l’amélioration des interconnexions électriques transpyrénéennes et l’intégration effective des réseaux ferroviaires à grande vitesse.
La diplomatie régionale face au blocage national
Dans ce contexte, la coopération régionale et macrorégionale de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée apparaît comme le principal moteur opérationnel capable de maintenir la dynamique. Les entreprises catalanes et occitanes, comme les acteurs de la sécurité énergétique, ne peuvent se permettre une longue attente provoquée par la polarisation politique nationale.
Les deux dirigeants cherchent donc des solutions pragmatiques afin que les groupes de travail techniques poursuivent la préparation des réseaux de transport et d’énergie et que les fonds européens déjà alloués restent sécurisés.
L’issue de la rencontre déterminera le rythme de l’intégration méditerranéenne au cours des prochaines années. Une prolongation de l’incertitude juridique pourrait envoyer un signal négatif aux investisseurs intéressés par les projets de transition énergétique du sud de l’Europe.

