MADRID — Le président du Parti populaire espagnol (PP), Alberto Núñez Feijóo, a confirmé mardi 20 octobre que son parti discutait avec Vox d’une stratégie commune pour les élections sénatoriales du 29 novembre. L’objectif affiché est d’empêcher l’alliance du Parti socialiste (PSOE) et d’autres formations de gauche de prendre le contrôle du Sénat. Les discussions se poursuivent et aucun accord définitif n’a été annoncé.
Une formule pour concentrer les voix au Sénat
Parmi les pistes envisagées, Vox pourrait renoncer à présenter des candidats dans certaines circonscriptions provinciales, afin de favoriser une concentration des voix de droite sur les listes du PP. En contrepartie, les conservateurs pourraient faciliter l’attribution à Vox de sièges de sénateurs désignés par les parlements des communautés autonomes, distincts des sièges directement pourvus lors du scrutin du 29 novembre.
Interrogé sur la radio COPE, Alberto Núñez Feijóo a reconnu l’existence de ces discussions et défendu la recherche d’une formule de compromis. Il a rappelé que des accords régionaux avaient déjà permis à Vox d’obtenir des sièges de sénateurs désignés. Selon lui, laisser le contrôle du Sénat au bloc qu’il appelle le « sanchisme » serait une erreur.
Une réponse à l’accord des partis de gauche
Cette initiative intervient après la décision du PSOE et de plusieurs autres formations progressistes de présenter des candidatures communes au Sénat dans de nombreuses circonscriptions. Le mode de scrutin rend ces accords particulièrement importants : dans les provinces péninsulaires, quatre sénateurs sont élus et chaque électeur peut voter pour trois candidats au maximum.
La répartition des sièges dépend ainsi non seulement du poids électoral des partis, mais aussi de leur stratégie de candidature. Des listes séparées ou une concentration des voix peuvent produire des résultats différents dans une même province.
Un calendrier électoral serré
Le PP et Vox doivent arrêter leurs listes avant la clôture du dépôt des candidatures, prévue lundi 26 octobre. Une éventuelle attribution future de sièges de sénateurs désignés par les communautés autonomes constitue une solution distincte d’une coalition électorale formelle, dont la période d’enregistrement est déjà terminée.
Les discussions portent aussi sur des enjeux institutionnels. La majorité au Sénat joue un rôle dans la procédure législative et dans certaines nominations, notamment celles de magistrats du Tribunal constitutionnel lorsque leur renouvellement intervient. Le scrutin du 29 novembre dira si les stratégies de coordination envisagées permettent de dégager une majorité dans la Chambre haute.

