Retraites en Espagne : 9,5 millions de bénéficiaires et 190 milliards d’euros de dépenses annuelles

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MADRID — L’avenir des retraites s’invite dans la précampagne des élections générales espagnoles du 29 novembre. Le pays compte environ 9,5 millions de bénéficiaires et consacre près de 190 milliards d’euros par an à l’ensemble des pensions, soit environ 13 % du PIB. Au-delà des échanges entre partis, ces chiffres illustrent le poids du système dans les finances publiques et le revenu des ménages.

Montants et calcul des pensions

La pension moyenne de l’ensemble du système atteint 1 373,40 euros par mois en 2026, selon les chiffres de la Sécurité sociale repris par RTVE. Ce montant ne doit pas être confondu avec la pension moyenne de retraite, plus élevée. Les droits individuels dépendent des bases de cotisation, de la durée de carrière et d’éventuelles décotes en cas de départ anticipé.

La pension maximale est de 3 359,60 euros mensuels, versés quatorze fois par an. Pour les retraités de 65 ans et plus, le minimum annuel est fixé à 12 441,80 euros sans conjoint à charge et à 17 592,40 euros avec conjoint à charge. Les pensions non contributives de retraite et d’invalidité s’élèvent à 8 803,20 euros par an, soit 628,80 euros sur quatorze versements.

Les conditions de départ en 2026

L’âge légal ordinaire est de 66 ans et dix mois en 2026 pour les personnes ne totalisant pas au moins 38 ans et trois mois de cotisations. Avec cette durée, un départ à 65 ans reste possible. Une pension contributive exige généralement quinze années de cotisation, dont deux au cours des quinze dernières années précédant la demande.

Une transition s’ouvre également pour le calcul du salaire de référence. À partir de 2026, la Sécurité sociale compare la méthode fondée sur les 25 dernières années avec une formule intégrant progressivement une période plus longue et excluant certaines années moins favorables. Le calcul le plus avantageux est appliqué conformément au calendrier légal.

Comment le système est financé

L’Espagne repose principalement sur un système par répartition : les cotisations des actifs et des employeurs financent les pensions versées aux retraités. Des contributions et transferts de l’État complètent ces ressources. Les réformes de 2021 et 2023 ont rétabli l’indexation sur l’inflation et prévu de nouvelles recettes, dont le mécanisme d’équité intergénérationnelle et une contribution de solidarité sur les rémunérations élevées.

Les pensions ont été revalorisées de 2,7 % en 2026. La hausse de 2027 dépendra de la moyenne des taux d’inflation annuels observés de décembre 2025 à novembre 2026. Une estimation sera possible avant le scrutin de novembre, mais les données définitives ne seront connues qu’en décembre. Les projections autour de 3,5 % ne correspondent pas encore à une décision adoptée.

Un enjeu de la campagne électorale

Le PSOE défend la viabilité du régime public et son indexation sur les prix. Le PP, traversé par une controverse après les mises en garde de certains de ses responsables sur l’avenir du système, affirme vouloir maintenir la revalorisation liée à l’inflation. Vox propose une évolution vers un dispositif mixte associant financement public et privé.

Le vieillissement de la population et les départs à la retraite de la génération du baby-boom accentuent les besoins de financement. Le débat dépasse donc la prochaine revalorisation : il concerne également l’emploi, les salaires, les cotisations sociales et les transferts budgétaires nécessaires au versement des prestations.

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