MADRID — Alberto Núñez Feijóo demande à Pedro Sánchez de comparaître devant la Députation permanente du Congrès au sujet de l’incursion de navires militaires marocains dans les eaux espagnoles de Ceuta pendant la crise migratoire des 30 et 31 juillet. Le Parti populaire a transmis ces faits à l’Audience nationale, où il participe à la procédure judiciaire consacrée à cette crise.
Le chef de l’opposition juge l’incident d’une « gravité extraordinaire » et accuse le gouvernement d’avoir dissimulé des informations au Parlement et aux citoyens. Sánchez a reconnu les incursions, précisant qu’elles avaient fait l’objet d’échanges de haut niveau. Les accusations de Feijóo ne constituent pas des conclusions judiciaires.
Une comparution réclamée au Parlement
Le PP veut entendre le chef du gouvernement devant l’instance qui conserve certaines compétences parlementaires lorsque les Cortes sont dissoutes. Les conservateurs citent une comparution du ministre de la Défense Alberto Oliart en octobre 1982, tout en admettant qu’elle avait été demandée par le gouvernement lui-même.
Un dossier porté à l’Audience nationale et à Bruxelles
Feijóo a annoncé mercredi 14 octobre que son parti avait porté les informations concernant les navires marocains à la connaissance de l’Audience nationale. Cette démarche ne vaut pas décision de justice. L’accusation populaire dans le dossier Ceuta a également demandé des investigations sur les déplacements des bâtiments et la réaction des autorités espagnoles.
Le responsable du PP a aussi indiqué vouloir informer les dirigeants du Parti populaire européen lors de leur rencontre à Bruxelles précédant le Conseil européen. Il a affirmé souhaiter de bonnes relations avec le Maroc, fondées sur le respect et la réciprocité.
La sécurité nationale invoquée par l’exécutif
Le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, Félix Bolaños, a répondu que la présence des bâtiments marocains n’avait « rien à voir » avec l’arrivée massive de migrants. Il a justifié l’absence de précisions de Sánchez lors de son intervention du 3 septembre par la sensibilité d’un dossier relevant, selon lui, de la sécurité nationale et devant rester confidentiel.
La controverse relance le débat sur le contrôle parlementaire des incidents militaires et diplomatiques à la frontière extérieure de l’Union européenne.

