VIENNE — L’Irak accélère ses projets d’augmentation de la production pétrolière et réclame une plus grande marge de manœuvre au sein de l’OPEP+, alors que le marché de l’énergie reste perturbé par la guerre impliquant l’Iran et les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz. Bagdad veut convertir ses réserves et les nouveaux investissements étrangers en exportations et en recettes publiques supplémentaires, mais les quotas du groupe limitent sa production.
Une forte reprise de la production en septembre
Le rapport mensuel de l’OPEP publié mardi 13 octobre confirme que l’Irak figure parmi les principaux moteurs de la hausse de production dans le Golfe en septembre. Selon les sources secondaires utilisées par l’organisation, son extraction a progressé d’environ 10 % par rapport à août. Les estimations du marché placent sa production près de 4,4 millions de barils par jour, un sommet pour 2026.
Ce redressement suit plusieurs mois de fortes perturbations des exportations liées au conflit régional. Les risques demeurent : les attaques et les restrictions de navigation continuent de renchérir les transports et les assurances, limitant la capacité d’exporter le pétrole extrait.
Le retour des grands groupes internationaux
BP, TotalEnergies, ExxonMobil et Chevron comptent parmi les groupes internationaux engagés dans des projets pétroliers irakiens ou intéressés par leur développement. Ces investissements visent à moderniser les installations, réhabiliter des gisements et renforcer les infrastructures d’extraction et d’exportation. Leur réalisation dépend toutefois de délais industriels, d’investissements et de conditions de sécurité suffisantes.
Bagdad souhaite porter sa capacité de production vers cinq millions de barils par jour et affiche des ambitions plus élevées à long terme. Il s’agit d’objectifs de capacité, non de volumes immédiatement disponibles sur le marché.
Les quotas de 2027 au cœur du conflit
L’OPEP+ a repoussé à la mi-novembre son évaluation des capacités de production des membres, initialement attendue en septembre, en raison des perturbations liées à la guerre et de données encore incomplètes. Cet examen doit contribuer à définir les quotas de 2027.
L’Irak estime qu’une hausse de sa capacité doit lui donner droit à un quota plus important. Cette revendication oppose les besoins de recettes nationales à la volonté collective de prévenir une surabondance susceptible de peser sur les cours. Bagdad a évoqué la possibilité de s’affranchir des restrictions, sans annoncer une sortie effective de l’organisation.
Les conséquences possibles pour le Brent et l’Europe
Une augmentation durable des exportations irakiennes pourrait détendre l’offre mondiale à moyen terme. Son effet dépendra toutefois de la sécurité du détroit d’Ormuz, des décisions des autres producteurs et de la demande. Le Brent reste soumis à une prime de risque géopolitique liée aux tensions dans le Golfe.
Pour l’Espagne, la France et le reste de l’Europe, les négociations peuvent peser sur les carburants, les transports et les coûts industriels. Reste à savoir si l’Irak pourra transformer ses investissements en exportations supplémentaires sans provoquer de rupture de la discipline de production de l’OPEP+.

