Ignacio González jugé pour des marchés du Canal de Isabel II dans le premier procès du dossier Lezo

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MADRID — L’ancien président de la région de Madrid Ignacio González comparaît mardi 13 octobre devant l’Audiencia Nacional pour des irrégularités présumées dans deux marchés publics du Canal de Isabel II, l’entreprise régionale de distribution d’eau. Les contrats concernent la construction et l’exploitation d’un terrain de golf dans le quartier madrilène de Chamberí. Il s’agit de son premier procès dans le vaste dossier Lezo, qui revient devant la justice pendant la précampagne des législatives du 29 novembre.

Le parquet anticorruption réclame six ans de prison et 550 000 euros d’amende pour deux faits présumés de corruption. La Communauté de Madrid, partie civile, demande jusqu’à seize ans d’emprisonnement en retenant également des accusations de détournement de fonds publics et de fraude administrative. Ces réquisitions distinctes ne préjugent pas du verdict.

Des contrats attribués à une société liée à des proches

Quatre autres personnes sont jugées : Ildefonso de Miguel, ancien directeur général du Canal, ainsi que José Antonio Clemente, Pablo Manuel González et Juan José Caballero. Les deux derniers sont respectivement le frère et le beau-frère de l’ancien dirigeant du Parti populaire. Tous trois étaient liés à l’entreprise Tecnoconcret Proyectos de Ingeniería, connue sous le sigle TCT.

Selon le parquet, la direction du Canal aurait facilité à partir de 2004 une modification majeure d’un chantier sans nouvelle procédure d’appel d’offres. TCT aurait ainsi obtenu une place dans la chaîne de sous-traitance, alors qu’elle ne disposait pas des moyens techniques nécessaires pour réaliser les travaux et les confiait à son tour à des entreprises spécialisées.

Plus de 500 000 euros de bénéfices présumés

Les magistrats examineront notamment les sommes que cette intermédiation aurait générées. Le ministère public évalue à 381 029 euros le gain lié au chantier et à 123 751 euros celui provenant du contrat d’entretien du gazon, soit environ 504 780 euros au total. L’accusation soupçonne une partie de ces fonds d’avoir profité à des proches de González, à travers des participations dissimulées et des versements identifiés par des initiales.

Le second marché concerne l’exploitation des installations sportives confiée en 2006 à un groupement d’entreprises. La société chargée de la gestion aurait sous-traité l’entretien à TCT, qui l’aurait immédiatement confié à un prestataire pour un montant inférieur. Le parquet considère cette marge comme injustifiée.

Une affaire ancienne au cœur de la précampagne

Ignacio González a dirigé la région de Madrid de 2012 à 2015 après avoir été vice-président sous Esperanza Aguirre. Le procès intervient plus de vingt ans après les faits les plus anciens. L’ancienne présidente régionale doit être entendue comme témoin le 21 octobre, selon le calendrier annoncé.

González doit également répondre dans d’autres procédures liées au dossier Lezo, notamment à propos d’opérations du Canal de Isabel II à l’étranger et du projet ferroviaire de Navalcarnero. Dans cette affaire, les cinq prévenus bénéficient de la présomption d’innocence et pourront contester les accusations et les éléments de preuve au cours des audiences.

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