Espagne : de petits bailleurs envisagent de vendre leurs logements face aux nouveaux décrets

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BARCELONE — Les nouveaux décrets espagnols sur le logement ravivent les inquiétudes d’une partie des petits propriétaires bailleurs. Selon des représentants du secteur immobilier, certains envisagent de vendre leurs appartements ou de les retirer du marché locatif, redoutant une instabilité réglementaire. Il reste toutefois impossible de mesurer à ce stade une éventuelle vague de ventes sans statistiques consolidées.

Des arbitrages immobiliers sous tension

Le gouvernement de Pedro Sánchez a adopté le 6 octobre deux décrets-lois visant à renforcer les droits des locataires et à développer l’accès au logement. Les professionnels de l’immobilier craignent que l’allongement de certaines protections locatives, les règles sur les expulsions et les restrictions imposées à certains investisseurs ne modifient les choix des bailleurs particuliers.

L’Association professionnelle des experts immobiliers estime que l’incertitude juridique pourrait décourager la mise en location de nouveaux biens. Cette appréciation ne suffit néanmoins pas à établir qu’un mouvement massif de ventes est déjà engagé dans l’ensemble du pays. Aucun volume national de logements retirés du marché en raison de ces textes n’est établi dans les éléments consultés.

Ce que prévoient les nouveaux textes

Le premier décret comprend notamment des restrictions visant les achats de logements par certains fonds et grands détenteurs, prolongées dans plusieurs cas jusqu’en 2030, ainsi que des mesures destinées à l’offre abordable. Le second porte sur la stabilité des baux de résidence principale et la protection des occupants.

Publiés au Journal officiel espagnol le 7 octobre, les textes doivent être examinés par la députation permanente du Congrès, le Parlement ayant été dissous avant les élections anticipées. Le premier décret est déjà entré en vigueur, mais sa pérennité reste soumise à la procédure parlementaire.

Un risque à surveiller sur le marché catalan

À Barcelone et dans les autres villes où le marché locatif est tendu, la vente d’appartements précédemment loués pourrait réduire le choix proposé aux candidats à la location. Elle pourrait aussi augmenter le nombre de biens disponibles à l’achat, sans garantir une amélioration de leur accessibilité financière. Ces effets demeurent hypothétiques tant que l’évolution des annonces et des transactions n’a pas été mesurée.

Les prochains indicateurs seront le parcours parlementaire des décrets, le nombre de logements proposés à la location et les transactions immobilières. À ce stade, les inquiétudes exprimées par des propriétaires et leurs représentants sont documentées ; l’ampleur d’un retrait effectif du parc locatif ne l’est pas.

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