BARCELONE — Más Madrid a proposé mercredi qu’Ada Colau soit la candidate du Frente Amplio à la présidence du gouvernement espagnol lors des élections générales du 29 novembre et que l’ancienne maire conduise la liste dans la circonscription de Barcelone. Cette initiative clarifie en partie la question du leadership du nouvel espace situé à gauche du PSOE, sans pour autant régler définitivement la candidature ni l’éventuel accord avec Podemos.
La formation de Mónica García a officiellement transmis sa proposition aux organisations qui composent actuellement le Frente Amplio — Más Madrid, Movimiento Sumar, Izquierda Unida et Comuns — et la présente comme une formule « chorale et confédérale ». Más Madrid revendique parallèlement que Mónica García conduise la liste à Madrid et que son organisation conserve les principales places éligibles dans cette circonscription.
La proposition ferait ainsi de Barcelone le point de départ de la candidature nationale : Colau serait tête de liste dans la province et candidate à la présidence du gouvernement, tandis que García conduirait la liste madrilène. Más Madrid affirme que cette architecture doit respecter l’implantation et l’autonomie territoriale des différentes forces du nouvel espace.
Colau avait conditionné son retour à un front réellement large
L’ancienne maire de Barcelone avait ouvert ces dernières semaines la possibilité d’un retour au premier plan institutionnel, tout en conditionnant cette option à la constitution d’un « front réellement large » de la gauche. Mardi, sur RTVE, elle a de nouveau défendu une candidature unitaire à gauche du PSOE et s’est dite disposée à se mettre au service du projet, qu’elle figure ou non sur les listes.
La direction de Comuns s’était déjà montrée majoritairement favorable à l’hypothèse d’un leadership national de Colau. Sa désignation n’est toutefois pas formellement arrêtée et les négociations se poursuivent entre les organisations concernées.
Le calendrier électoral oblige les partis à accélérer. Les coalitions ont jusqu’au 16 octobre pour s’enregistrer en vue du scrutin du 29 novembre, tandis que les candidatures devront être déposées entre le 21 et le 26 octobre. Le Frente Amplio avait initialement prévu de présenter sa feuille de route et sa tête de liste le 17 octobre.
L’intégration de Podemos reste à résoudre
La principale inconnue reste Podemos. Le parti d’Irene Montero ne fait actuellement pas partie du Frente Amplio et a proposé l’organisation de primaires ouvertes les 14 et 15 octobre afin de choisir une candidature commune à l’ensemble de la gauche alternative au PSOE.
Les formations du Frente Amplio maintiennent des contacts avec Podemos, mais des divergences subsistent sur le mécanisme de désignation des candidats. Le bloc composé de Sumar, IU, Más Madrid et Comuns privilégie un accord politique préalable plutôt qu’une compétition interne, tandis que Podemos insiste pour que les listes soient ratifiées par des primaires.
Izquierda Unida a défendu mercredi la constitution d’une alliance aussi large que possible et maintient son invitation aux autres forces de la gauche de transformation. L’éventuelle participation de Podemos est également particulièrement importante pour Colau, qui avait publiquement lié son éventuel retour à la politique institutionnelle à l’existence d’une candidature capable de rassembler l’ensemble de cet espace.
La proposition de Más Madrid constitue donc une étape importante dans la définition du leadership, mais elle ne signifie pas encore qu’Ada Colau est officiellement investie. L’accord doit encore être accepté par les autres formations et s’inscrire dans une négociation plus large, toujours conditionnée par la relation avec Podemos et par les échéances très resserrées du calendrier électoral.

