SÉVILLE — José María Aznar présente les élections générales du 29 novembre comme un scrutin qui, selon lui, dépasse largement une simple alternance entre le PSOE et le PP. L’ancien président du gouvernement espagnol a affirmé lundi que si Pedro Sánchez parvenait à gouverner de nouveau après le scrutin, la Constitution, l’unité de l’Espagne et la monarchie parlementaire seraient menacées.
Aznar s’exprimait lors des journées « 1936: La guerra que perdimos todos », organisées à la Fondation Cajasol de Séville, quelques heures après l’annonce par Sánchez de la dissolution des Cortes et de la convocation d’élections anticipées le 29 novembre.
L’ancien dirigeant du PP considère qu’il s’agira des élections « les plus importantes » depuis la Transition démocratique et soutient que Sánchez entend leur donner un caractère « pratiquement constituant ». Selon son analyse, la reconduction de l’actuelle coalition mettrait en cause « le système constitutionnel que nous avons connu jusqu’à présent », l’unité du pays et la monarchie parlementaire. Il s’agit d’une appréciation politique d’Aznar et non d’un projet de modification constitutionnelle annoncé par le gouvernement.
Aznar place le modèle constitutionnel au cœur de la campagne
L’ancien chef du gouvernement a également durci son discours sur le processus électoral en affirmant que Sánchez serait capable « d’altérer le corps électoral » afin d’obtenir certains avantages pour le PSOE. Il n’a fourni aucun élément établissant une manipulation du corps électoral. Le calendrier officiel du scrutin doit commencer mardi avec la publication du décret au BOE et l’ouverture des délais prévus par la législation électorale.
Aznar a également lié le résultat du PP au futur rapport de force avec Vox. Selon lui, les conditions de formation d’un gouvernement changeraient « beaucoup » si Alberto Núñez Feijóo obtenait une avance importante en sièges sur le parti de Santiago Abascal.
Il a présenté une éventuelle arrivée de Feijóo à La Moncloa comme le début d’un travail de « reconstruction » de l’Espagne. Une expression proche de celle employée lundi par le président du PP, qui a ouvert la précampagne en appelant à une « reconstruction nationale » après l’annonce des élections.
Les déclarations d’Aznar installent ainsi, dès le premier jour de la course au 29 novembre, le modèle constitutionnel et territorial parmi les thèmes de confrontation électorale. Sánchez a pour sa part justifié l’anticipation du scrutin par la nécessité de rechercher une majorité progressiste plus large après ses dernières défaites parlementaires et appelé les électeurs à départager deux projets politiques.

