PARIS — Emmanuel Macron a placé vendredi la crise énergétique et la montée des menaces hybrides en Europe parmi les priorités immédiates de la France. Après avoir réuni à l’Élysée les chefs des principaux partis et les candidats à l’élection présidentielle de 2027, le président a annoncé une prochaine réunion du G7 consacrée à l’énergie et demandé au gouvernement de préparer un plan de protection des infrastructures critiques face aux menaces attribuées à la Russie.
La réunion s’est tenue dans un contexte marqué par la prolongation des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine et par leurs conséquences sur les marchés énergétiques. Emmanuel Macron a reconnu que les prix à la pompe avaient atteint des niveaux pesant directement sur le pouvoir d’achat, alors que la pression politique augmente pour obtenir une action de l’exécutif sur la fiscalité des carburants.
Une réponse internationale sur l’énergie
Le chef de l’État a écarté à ce stade un blocage généralisé des prix et défendu des réponses ciblées en faveur des ménages les plus exposés. Parallèlement, il veut porter une partie de la réponse au niveau international. Emmanuel Macron a annoncé que le G7 se réunirait dans les prochaines semaines afin d’examiner une coordination renforcée sur les approvisionnements et les réserves énergétiques.
L’objectif français est d’éviter des tensions entre les principales économies occidentales et d’étudier les mécanismes permettant d’accroître l’offre disponible. Parmi les pistes susceptibles d’être discutées figurent la mobilisation de réserves stratégiques et la levée de certaines restrictions, tandis que Paris insiste sur la sécurisation des flux de pétrole et de gaz.
Les infrastructures critiques sous surveillance
Le deuxième avertissement d’Emmanuel Macron a concerné la Russie. Le président a estimé que la nature des menaces en Europe était en train d’évoluer et chargé le gouvernement de préparer un plan spécifique pour renforcer la protection des infrastructures critiques françaises. Le dispositif devra notamment prendre en compte les attaques de drones, les cyberattaques et la sécurité des sites les plus sensibles de la base industrielle et technologique de défense.
La réunion de l’Élysée a également permis de partager avec les responsables politiques des informations sur l’Ukraine, le Moyen-Orient et les opérations hybrides attribuées à Moscou. Plusieurs participants ont indiqué à leur sortie que les autorités jugeaient désormais improbable un règlement rapide des conflits et anticipaient des conséquences énergétiques durables.
À sept mois de l’élection présidentielle de 2027, cette prise de parole installe ainsi la sécurité et l’énergie au centre du débat national. Emmanuel Macron cherche à coordonner une réponse extérieure à la pression sur les prix tout en renforçant la résilience intérieure face à des menaces que Paris considère comme de plus en plus diversifiées.

