CEUTA — La gestion de la crise migratoire entre dans une nouvelle phase avec le transfert prévu de plus d’un millier de personnes de la plage du Trampolín vers des tentes installées sur le quai de Poniente. L’opération doit permettre de libérer l’un des principaux campements apparus après l’entrée massive des 30 et 31 juillet, mais le nouvel emplacement ouvre un autre front de tension dans la ville.
Les installations portuaires sont prêtes à accueillir temporairement plus de 1 000 personnes. Cette capacité ne permettra toutefois pas de reloger tous les migrants qui restent dans le secteur du Trampolín. Le gouvernement reconnaît par ailleurs qu’il reste difficile d’établir précisément combien de personnes entrées irrégulièrement cet été se trouvent encore à Ceuta.
Un transfert controversé
Le choix du quai de Poniente suscite l’opposition d’une partie des habitants, du gouvernement de Ceuta et du Sindicato Unificado de Policía. Les critiques portent notamment sur la proximité de dépôts de carburant et sur l’activité du port, d’où partent des navires de marchandises auxquels certains migrants ont déjà tenté d’accéder irrégulièrement.
La controverse est arrivée devant l’Audience nationale, où une demande de suspension du transfert a été déposée. Cette opération intervient après le déplacement, durant le week-end, de 864 personnes depuis les abords de la zone de Loma Colmenar vers le camp installé dans le quartier de Los Rosales.
Le Maroc promet des réadmissions
La crise conserve également une dimension diplomatique. Dans une lettre datée du 14 septembre et adressée à plusieurs eurodéputés, le Maroc affirme être disposé à réadmettre les personnes concernées, notamment les ressortissants marocains, les mineurs non accompagnés et les ressortissants de pays tiers. Rabat assure également enquêter sur les causes et les acteurs à l’origine des événements de la fin juillet.
La situation de Ceuta reste parallèlement au centre de l’agenda politique et judiciaire espagnol. L’Audience nationale enquête sur les circonstances entourant l’entrée massive et le parquet a estimé nécessaire de déterminer si des omissions significatives ont pu se produire en matière de prévention, de secours ou de protection.
Alors que se poursuivent les procédures d’identification, de retour et d’accueil, l’urgence reste logistique : réduire les campements improvisés sans déplacer la pression vers de nouveaux secteurs sensibles d’une ville qui continue de fonctionner sous un dispositif exceptionnel.

